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Quelques Francs-Maçons résistants, déportés ou victimes des régimes totalitaires

Au cours de l’occupation allemande de la France (1940-1944), le régime de Vichy fit établir une liste de 170 000 Francs-Maçons, parmi lesquels 989 furent envoyés en camps de concentration où 549 furent exécutés. Les autorités vichystes promulguèrent une loi obligeant les Francs-Maçons à déclarer leur appartenance. Près de 3 000 Francs-Maçons furent révoqués et perdirent leur travail. Parmi les victimes, la majorité des Francs-Maçons fut tourmentée pour activités résistantes. D'autres furent persécutés en raison de leur croyance. Quelques-uns, la minorité, furent martyrisés pour leur appartenance à la Franc-Maçonnerie. Bien conscient qu'il y eut bien d'autres personnes victimes de la barbarie, voici une liste non exhaustive de certaines de nos sœurs et quelques-uns de nos frères qui mirent leurs actes en concordance avec leurs idéaux.

Valentin Abeille (1907-1944) Soldat, haut fonctionnaire, résistant français, compagnon de la Libération sous les ordres d’Henri Frenay. Ses études de droit l’amènent à faire carrière dans la préfectorale. Reçu second au concours de rédacteur de la Préfecture de Paris en 1930, il est ensuite attaché au cabinet du préfet de Police et à divers cabinets ministériels avant d'être nommé sous-chef à la Préfecture de Police. Chef du secrétariat du Président du Conseil Camille Chautemps, dont il est le gendre, il est sous-préfet à Provins en 1938. Il s’engage au début de la Seconde Guerre mondiale. Après sa démobilisation, il rejoint son poste à Provins mais est révoqué par le Régime de Vichy. Néanmoins, il est nommé à Marseille, avant d’être à nouveau révoqué. Il s’engage dans la Résistance à Lons-le-Saunier et devient le chef de l’Armée secrète dans le Jura sous le surnom de « Fantassin ». Repéré, il doit fuir à Londres. Nommé délégué militaire pour la région "M" (Normandie-Bretagne-Anjou), il prépare le débarquement. Il est arrêté par la Gestapo à Paris le 31 mai 1944. Torturé, il ne parle pas. Il meurt de ses blessures après une tentative d’évasion. Il est Chevalier de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération (décret du 28 mai 1945), Croix de la Libération, Croix de Guerre 1939-1945 (3 citations), Médaille de la Résistance. Il fut initié par la Loge «L'Expansion Française» GODF à l'Orient de Paris.

GM RésistanteGilberte Arcambal (1901-1993) Journaliste. Après la mort de son mari en déportation, elle prend sa place dans la Résistance et œuvre activement aux côtés de Chaban-Delmas, Parodi, Santarelli. C'est à ce titre qu'elle reçut la Légion d'Honneur. Elle collabora au Journal du Centre et à Paris-Match. Initiée à "La Nouvelle Jérusalem" en 1955, elle en deviendra la Vénérable Maîtresse. Elle fut élue Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France en 1969.


Berthe BOUCHET, née Boulanger (1896-1945) Berthe Boulanger fut infirmière volontaire dans un hôpital à partir de 1916 pendant la 1re guerre mondiale où elle rencontra son futur mari Émile. Son mari, militant des Droits de l'Homme et Franc-Maçon meurt des suites de ses blessures. Jeune veuve, Berthe fut initiée en 1930 par la Loge n° 36, "Paix-Humanité" n°36 du Droit Humain à l'Orient de Nancy. Sept ans plus tard, elle deviendra la première femme vénérable de cette Loge. Fonctionnaire engagée dans le Parti Radical et à la Ligue des Droits de l'Homme, elle fut révoquée par le régime de Vichy à cause de son appartenance à la Franc-maçonnerie. Arrêtée le 20 mai 1943 par la Gestapo pour fait de résistance, elle fut déportée à Ravensbruck sous le matricule 27069. Elle meurt gazée au printemps de 1945. Berthe Bouchet était la grand-mère maternelle du ministre Jack Lang. Le signe distinctif de sa Loge mère porte son nom et devient "Paix-Humanité-Berthe Bouchet"

Eliane Brault Franc-maçonneÉliane Brault, (1895-1982) Agrégée d'Histoire, auteure et femme politique antifasciste, progressiste et féministe. Elle fut dans les années 30, une dirigeante du Parti Radical. Résistante de la première heure, elle rejoignit la France Libre. Elle fut parmi ceux qui œuvrèrent pour une Franc-Maçonnerie ouverte aux femmes. Elle fut initiée le 28 juin 1927 à la Loge d'adoption "Union et Bienfaisance" de la Grande Loge Féminine de France. Elle fonda en 1930, avec d'autres sœurs de sa Loge, l'atelier d’adoption "Le général Peigné" dont elle fut "vénérable" de 1934 jusqu'à la guerre. Elle appartint également aux loges d’adoption "La nouvelle Jérusalem" et "Minerve". Elle quitta la GLFF en 1948 pour s'affilier à l'Ordre Mixte international du Droit Humain (DH). En 1973, elle fut membre fondateur de la Grande Loge Mixte Universelle et en fut la première Grande Maîtresse de 1973 à 1974. Elle fut levée au 33e degré des ateliers supérieurs en 1975.

Résistant et franc-maçonAbel Gilbert Barbarat  (1885-1944) gendarme révoqué puis magasinier. Résistant arrêté (sur dénonciation) le 25 janvier 1944 par la Gestapo et interné à la prison "Mal Coiffée". Il est acheminé à Compiègne le 23 mars 1944. Le 6 avril 1944 il est déporté à Mauthausen en Autriche. Il y reçoit le matricule 61902. Il meurt gazé le 16 août 1944. Il fut affilié à la Loge "Équerre " à l’Orient de Moulins le 7 juillet 1922 mais reçut la Lumière dans une Loge du Grand Orient de France le 15 décembre 1912.


Roger Bothuan, voir Francs-maçons brestois

Résistant FMVictor Marie Bouchon (1901-1945) Libraire, père de 2 enfants. Domicilié à Saint-Pourçain-sur-Sioule (03). Il fut résistant des réseaux "Combat" et "Libération". Dénoncé, il fut arrêté par la Gestapo le 21 mars 1944 et transféré à Buchenwald sous le matricule 52138, le 16 avril 1944. C’est lors d’une "marche de la mort" qu’il décédera le 11 avril 1945 à Mustre en Allemagne. Victor Bouchon était membre de la Loge "Équerre" GODF à l’Orient de Moulins où il fut initié le 9 janvier 1937.

 

Un grand résistantMartial Brigouleix (1901-1943) Professeur à l’École militaire de Tulle. Il adhéra à la ligue des Droits de l’Homme et au parti Socialiste. Malgré ses convictions pacifiques, il fit preuve d’un courage hors du commun lors de sa mobilisation dans l’armée française pendant la guerre en 1939. Démobilisé en 1940, il reprit son poste d’enseignant jusqu’à sa révocation par le régime de Vichy en raison de son appartenance à la Franc-maçonnerie. Profondément blessé et bafoué dans son idéal de liberté, Martial Brigouleix s’engagea et prit des responsabilités dans la résistance. Son pseudonyme y était "Baudoin". Arrêté par la Gestapo, le 17 avril 1943, il fut torturé mais ne trahit aucun de ses collaborateurs. Les allemands le fusillèrent au fort de Romainville le 2 octobre 1943. Ces quelques lignes, écrites avant sa mort, à sa famille résument bien le personnage : "... Quoiqu'il arrive, on ne doit avoir aucune Inquiétude à mon sujet... rien ne saurait m'abattre, ni même m'émouvoir... l'avenir est à nous dans une France libre... que la vie sera belle après". Il était membre de la Loge "L'Intime Fraternité" à l’Orient de Tulle.

Héros de la résistancePierre Brossolette, (1903-1944) Professeur agrégé d'histoire, journaliste au journal "Le Populaire". Résistant de la 1re heure, il fut missionné par le général de Gaulle pour faire le lien entre la Résistance extérieure et les mouvements de la Résistance intérieure. Il est parachuté à trois reprises en France. Il fut arrêté en 1944 à Audierne par les nazis alors qu'il essayait de retourner à Londres. Il se suicida le 22 mars dans les locaux de la Gestapo pour ne pas parler sous la torture. Il fut initié à par la Loge "Émile Zola", n°382 GLDF Orient de Paris et affilié à la Loge "Aurore Sociale" GODF à l'Orient de Troyes.

 

Paul Constantin Custaud (1890-1975), Licencié en droit, capitaine de cavalerie de réserve en juin 1926, assureur à Toulon. Il fut vénérable franc-maçon Loge "La Réunion" du Grand Orient De France. Il est l'âme de la reconstitution de la franc-maçonnerie clandestine dans le Var (GODF et GLDF), en contact avec de nombreux résistants dans et hors du Var (Marseille, Lyon, Paris, etc.). Bravant les autorités, il manifeste le 14 juillet 1942. C'est l'un des hommes incontournables de la Résistance varoise. Il fut au contact de tous les mouvements et de réseaux (Brutus, F2, Jade, etc.). Il fut le seul maçon français à siéger ès qualité, comme représentant de la franc-maçonnerie en tant que telle, à un Comité Départemental de Libération, celui du Var. Il est le créateur du système de numérotation des ateliers adopté par le GO sur le plan national.

Susy Chevet Franc-maçonne bretonneSuzanne Chevet, (1905-1972) Institutrice. Créatrice de l’Auberge de Jeunesse de Saint-Malo. Elle participa aux Comités d'aide à la Révolution espagnole à partir de 1938 ce qui lui vaudra d’être révoquée de l'Enseignement par le régime de Vichy en 1941. Pendant l’Occupation, elle organisa une filière d'évasions. Arrêtée en 1942 par la Gestapo, elle réussit à s'évader et à rejoindre Lorient où, sous une fausse identité, elle travailla dans les bureaux du STO (Service du Travail Obligatoire) jusqu'à la Libération. Position stratégique qui lui permit de renseigner utilement la Résistance. Elle fut parmi les fondateurs, en 1947, du syndicat CGT Force Ouvrière. Elle fut initiée en Franc-Maçonnerie par la Loge "Raspail" du Droit Humain à l’Orient de Paris. Elle s'affilia par la suite à la Loge "Louise Michel". Elle anima la fraternelle maçonnique du 18e arrondissement de Paris.

Georges CLERGEOT, (1898-1968) Commissaire de police. Le brigadier-chef Georges Louis Émile Clergeot Yaya, Zochig, a joué un rôle important dans la Résistance comme dans l’immédiat après-guerre. Né le 30 mai 1898 à Champlitte (Haute-Saône), il intègre la Préfecture de Police en janvier 1924. Au moment de sa révocation comme franc-maçon, le 26 septembre 1941, il fait partie, en qualité de brigadier-chef, de l’encadrement de l’École pratique des gardiens de la paix implantée sur le site de Beaujon, laquelle fut une importante structure de résistance policière. Vite membre de la Résistance, il intègre Zadig après avoir déjà adhéré au FNP (organisation communiste de Résistance), faisant la liaison entre les deux organisations ainsi qu’avec LibéNord. Chef de groupe au sein du FNP, dont il fut parfois l’éminence grise, il était spécialisé dans la fourniture de faux papiers, mais fut aussi l’artificier dans certains attentats. Les premiers tracts du FNP sont tirés chez lui. En mai 1943 il réussit un sabotage de pylônes dans l’Oise, où il réside. Son fils est fusillé après avoir été pris en mission pour la Résistance le 10 novembre 1943. Clergeot devient commissaire divisionnaire en 1944, et prend sa retraite en 1949, décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille de la Résistance, et de la King’s Medal for Courage. À la Libération, on l’a désigné comme membre de la Commission d’épuration au sein de laquelle il joue souvent un rôle modérateur, freinant le zèle vengeur d’Airaud, totalement étranger à la chose policière. Il meurt le 27 juillet 1968. Une salle de la PP (Préfecture de Police parisienne) porte son nom, ainsi qu’une rue de Notre-Dame-de-l’Isle (Eure).

Honoré, François Commeurec (1878-1945). Militant syndicaliste du Livre. Très engagé dans la défense des ouvriers, Honoré Commeurec rentre au Conseil municipal de Rennes sous la municipalité de Jean Janvier. À 36 ans, il est mobilisé lors de la première guerre mondiale. Démobilisé en 1918, il reprend son métier d’imprimeur. En 1939, dégagé de toute obligation militaire en raison de son âge (61 ans), il poursuit ses activités professionnelles et devient dirigeant du Parti Socialiste de Rennes. En 1941, Il intègre le réseau de résistance Libération-Nord. Il est affecté à la propagande et diffuse des journaux clandestins, tel que Libération, le Patriote, la Flamme et le Populaire. Il milite particulièrement contre le STO (Service du Travail Obligatoire en Allemagne) et participe à la récupération et au rapatriement d'aviateurs alliés tombés sur le sols breton.Il est arrêté le 8 février 1944 puis incarcéré à la prison Jacques Cartier de Rennes. Il est transféré avec 147 autres prisonniers le 29 juin 1944 à Compiègne pour être déporté vers le camp de Neuengamme le 28 juillet 44 sous le matricule 40160. Honoré Commeurec meurt d'épuisement le 13 février 1945 à Sandbostel. Il était membre de la loge " La Parfaite Union " à l’Orient de Rennes.

José Danaux (1923-1994) Photograveur de presse. La seconde guerre mondiale mit un terme à ses études d'ingénieur agronome. Il fut très affecté par l'occupation nazie de son pays. Malgré son jeune âge (18 ans en 1941), il se livra individuellement à divers actes de résistance en Touraine : passages en zone libre de familles persécutées, petits sabotages, rédactions de tracts, etc. En avril 1942, il fut surpris par les gardes allemands alors qu'il sabotait le train d'atterrissage d'un avion de chasse sur la base aérienne de Tours. Après un "passage à tabac" en règle, le visage tuméfié et la main gauche cassée, il fut conduit dans un convoi ferroviaire à destination de l'Allemagne. Le train étant bombardé par l'aviation anglaise, il s'échappa. En errance durant quelques jours, il fut arrêté par des gendarmes qui, le soupçonnant d'être réfractaire au STO, le livrèrent aux autorités allemandes. Il se retrouva interné dans un camp de travail dans le sud de la France d'où il s'évada en compagnie de Jérôme Le Drogo, un camarade de son âge (Jojo de son nom de guerre). Ils projetaient de rejoindre un maquis. Après de multiples péripéties, ils réussirent à rejoindre un campement maquisard du Jura. Lors d'une attaque de leur bivouac, ils se réfugièrent en Suisse et furent internés dans la prison ouverte de Saint-Gall (réservée aux français). De là, Jojo et lui s'évadèrent à tour de rôle avec chacun un petit groupe. Jojo rejoignit les partisans italiens et José (Steve de son nom de guerre) via l'Espagne, regagna l'Armée De Lattre de Tassigny stationnée en Afrique du nord. Il participa au débarquement des forces alliées de Provence à j+1, le 16 août 1944. Avec la première armée française Rhin et Danube, il libéra Colmar en janvier 1945 et participa à l'occupation de l'Allemagne jusqu'à sa démobilisation en 1946. Titulaire de 2 citations, il fut médaillé de la croix de guerre 39/45 et de la médaille "Rhin et Danube". Il fut initié par la Loge "Les précurseurs" GODF à l'Orient de Clichy. Élevé au 4e grade de Maître Secret, il s'affilia dans une Loge à l'Orient de Parme de la Grande Loge d'Italie, pays d'origine de son épouse.

Maurice DECHY, (1906-1943) Pupille de la Nation, le gardien de la paix. Entré à la Préfecture de Police en 1933. Franc-maçon, il est révoqué le 15 avril 1941. Membre de l’Armée Volontaire, des Bataillons de la Mort, d’Alibi-Maurice (sous le pseudo AL 102), puis brièvement de L’Honneur de la Police, Maurice Dechy part pour Londres, puis gagne le maquis. Arrêté le 5 avril 1943 par les Allemands et emprisonné à Moulins, il est transféré au Fort de Romainville le 30 septembre 1943, puis fusillé comme otage au Mont Valérien à Suresnes, en représailles à l’exécution du général SS allemand Julius Ritter. Il sera réintégré dans la police à titre posthume en tant que brigadier.


Ginette EBOUÉ-FONTAINE Franc-maçonneGinette Éboué-Fontaine, (1923-1992) Fille de Félix Éboué qui rallia le Congo à la France Libre. En 1942, elle s'évada de France et entra dans la Résistance à Brazzaville. Fonctionnaire internationale de l'UNESCO, responsable du programme d'aide aux mouvements de Libération nationale et de lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. Initiée en 1968 à la Loge le "Libre Examen", Grande Loge Féminine de France.

 

Maurice El Mechali, voir Francs-maçons brestois

Maurice Fouque (1889-1944) Contrôleur des PTT, militant laïque à 17 ans, secrétaire fédéral SFIO, conseiller général socialiste de Caen-Est en 1937. Maurice Fouque entre en résistance dès le début de l’occupation. Dans le courant de l’année 1943, il adhère au mouvement de résistance Libération-nord, dont il devient le responsable pour le Calvados. À ce titre, il siège au sein du Comité départemental de libération clandestin, constitué à l'automne 1943. Frère de la loge "Thémis" à l'Orient de Caen, il est démis de tous ses mandats par l’arrêté ministériel du 26 novembre 1941, en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie. Dénoncé par le garagiste Raoul Hervé, collaborateur notoire et chef d'une bande agissant pour la Gestapo, Maurice Fouque est arrêté sur son lieu de travail et bientôt déporté au terrible camp de Mauthausen via Compiègne sous le matricule 59944. Considéré inapte aux travaux forcés, Il est gazé au centre d'euthanasie du château d'Hartheim le 11 septembre 1944. Son nom est gravé "FOUQUES" (avec un S) sur les plaques du mémorial du Grand Orient de France et du lycée Dumont d'Urville.

Pierre GICQUEL (1907-1945) Inspecteur de police. Initié par la loge "La Parfaite Union" à l’Orient de Rennes. Il est inspecteur sous-chef de police de sûreté à Rennes quand il intègre le réseau Éleuthère (Réseau de renseignements) en novembre 1943 sous le pseudo "Pierrot". Il participe à la fabrication de faux papiers. Il est en relation étroite avec Albert Treyture (Franc-Maçon de la loge "La Parfaite Union" de rennes) contrôleur des PTT qui travaillait pour le 2e bureau et Maurice Ladoumègue (autre frère de la loge "La Parfaite Union" de rennes victime des nazis), instituteur public. Il est arrêté par la Gestapo le 10 mai 1944 au domicile de Maurice Ladoumègue et emprisonné à la prison Jacques Cartier de Rennes. Avec ses camarades du réseau il est transféré sur Compiègne le 29 juin 1944 puis pour être déporté le 28 juillet 1944, vers le KL Neuengamme sous le matricule 39857. Il sera ensuite affecté au kommando de Drütte installé près de Salzgitter au sud de Brunswick. Ce kommando composé de 3000 détenus, travaille pour les usines H. Göring à la production d’obus et de bombes. Le frère Pierre Gicquel décède le 22 février 1945 au K. Z .Watenstedt 1 et est inhumé le 27 février 1945 au cimetière de Salgitter-Jammertal.

André-Jean Godin (1900-1989). Préfet. Après avoir effectué son service militaire dans l'infanterie de 1920 à 1923, il entre comme rédacteur au ministère des Finances. Attaché à plusieurs cabinets ministériels de 1924 à 1926, il rejoint la direction générale des Finances du Maroc où il devient en 1927 chef de cabinet du directeur général tout en enseignant comme maître de conférences à la faculté de droit de Rabat. Sous-préfet en 1928, il sert comme chef adjoint au cabinet d'André Tardieu, ministre de l'Intérieur (1928-1930). En 1930, il devient chef de cabinet du préfet de police puis, deux ans plus tard, directeur adjoint, chargé du service du matériel et des bâtiments, à la préfecture de police. Affecté au moment de la guerre comme attaché d'intendance au G.Q.G., il est démobilisé aussitôt après l'armistice et reprend ses fonctions à la préfecture de police, bien décidé à ne pas accepter la défaite. Dès septembre 1940, il organise, avec le commissaire Roger Pellevoizin, responsable des Services Techniques, la récupération d'un grand nombre de fournitures de valeur consignées par les Allemands et considérées comme prises de guerre. Il contribue dès le mois d'octobre 1940 au recueil de nombreux renseignements sur l'ennemi - notamment des plans d'aérodromes autour de Paris, toujours avec Pellevoizin - et s'efforce, par ses collaborateurs Michel Sonnet et Sarah Rozier, de les faire parvenir aux Alliés, via les Pyrénées. Il participe en effet à la mise sur pied de ce qui est sans doute le premier groupe de renseignements au sein de la préfecture de police : c'est une sous-structure du Groupe Frise (créé par Mme Louis -Marguerite George-), lequel devint le réseau Georges France. Le 24 janvier 1941, une dizaine de membres sont arrêtés, et l'organisation disloquée. Le silence de Sarah Rosier protège son chef officiel : elle avait recruté André-Jean Godin au sein du groupe, qu'elle dirigeait pour la région parisienne. Son attitude la fait condamner à mort par les Allemands, puis, sa peine commuée, à partir en déportation. André-Jean Godin, n'en continue pas moins son activité. Il tire d'affaire des réfugiés politiques étrangers en particulier grâce à l'aide du responsable du service des étrangers, M. Redon, et assure le transit à Paris d'officiers de réserve ou du SR belges en route vers l'Angleterre. Il participe, d'autre part, à la diffusion de tracts et de journaux, et notamment du journal Résistance. Le 1er octobre 1941, il est relevé de ses fonctions, puis, en 1942, il est considéré comme démissionnaire d'office en tant que franc-maçon. Contacté au mois d'octobre 1943 par Achille Peretti fondateur du réseau Ajax, il y adhère immédiatement. Il s'assure au sein de la préfecture de police des agents dans de nombreux services et fonde des filiales d'Ajax dans différentes administrations en vue d'y développer la résistance et la recherche de renseignements. Il transmet, pour Ajax, des informations vitales vers Londres, sur les unités allemandes, les terrains d'aviation, les défenses côtières, les transports, les matériels fabriqués pour les Allemands ou en matière politique. Nommé chef du réseau Zadig (Ajax zone nord), en janvier 1944, avec le grade de chef de mission de 2e classe, il crée les secteurs et sous-secteurs de Lille, Rouen, Amiens, Saint-Quentin, Versailles, Reims, Nancy, Besançon, Dijon, Avallon, et développe celui de Châlons-sur-Marne. Il résulte du rapport d'activités établi par André-Jean Godin pour son ministère qu'il a développé par ailleurs diverses actions : il organise des secours aux victimes des persécutions (évasions, changements d'identité, etc.). Il participe ainsi, entre le camp de Drancy et les familles des internés, à une filière par laquelle passent, pendant des mois, colis, correspondance et renseignements. En 1942, il fait passer la ligne de démarcation à des Juifs (particulièrement des enfants) et distribue des fausses cartes d'identité et des cartes d'alimentation. Selon le même rapport, affilié aussi au Mouvement national contre le racisme (MNCR), il se spécialise dans la recherche des renseignements susceptibles d'être utilisés par les groupes armés de la région parisienne. Pour le MNCR également, il a monté, à la préfecture de police, un système d'informations et d'alerte qui aurait assuré la sécurité de nombreux groupements et sauvé nombre de personnes comme dans l'affaire de la M.O.I. (Main d'œuvre immigrée). Pendant la période qui précède immédiatement la Libération, il prend contact avec le Conseil national de la Résistance (CNR) et les délégués du général de Gaulle., Alexandre Parodi (Cerat) et Roland Pré (Oronte). Le 19 août 1944, il prend ses fonctions de secrétaire général à la préfecture de police où il participe à la libération de Paris. Un groupe relevant de son réseau et dirigé par André Caillette prend la mairie de Neuilly. Il organise aussi une équipe de trois enseignants du Collège de France qui fabriquent des cocktails Molotov dans les locaux de la PP. Après la guerre, préfet, il entame une carrière politique. Elu député de la Somme sur la liste des Gauches républicaines en 1946, il est réélu sur la liste RPF en 1951. Il est alors vice-président de l'Assemblée nationale (1951-1955). Battu aux législatives de 1956, il retourne dans l'administration. Préfet hors classe dès 1954, il est préfet honoraire en 1959 et devient par la suite administrateur de sociétés. André-Jean Godin est décédé le 27 août 1989 à Paris. Il a été inhumé à Bonzac en Gironde. Commandeur de la Légion d'Honneur - Compagnon de la Libération - décret du 12 juin 1945 - Croix de Guerre 39-45 (3 citations) - Médaille de la Résistance avec rosette - King's Medal for Courage (GB)

Vénérable de la loge Liberté ChériePaul Hanson (1889 - 1944), Juge de Paix au canton de Louveigné et Franc-Maçon de la Loge "Hiram" à l'Orient de Liège. Il fut interné dans le camp de concentration de Esterwegen pour faits de résistance active dans un service de renseignements et d'action pendant l’occupation de la Belgique par les allemands. Il retrouva dans ce camp, 3 autres Francs-Maçons. En octobre 43, ils décidèrent de créer un triangle maçonnique. D’autres frères arrivèrent au fil des convois. En novembre 1943, ils furent 7 maîtres maçons (chiffre requis pour créer une Loge) et allumèrent les feux d’une Loge maçonnique baptisée "Liberté Chérie". Ils se réunissaient clandestinement pour leurs Tenues dans le fond de la baraque n°6 avec la complicité d'autres prisonniers montant la garde. En effet, s'ils étaient découverts par les geôliers, ils risquaient la mort. Ces Maîtres Francs-Maçons furent : Franz Rochat (1908-1945) pharmacien, initié Franc-Maçon aux "Amis Philanthropes" de Bruxelles, interné pour sa collaboration au journal clandestin "La Voix des Belges". Jean Sugg (1897-1945) représentant de commerce en pharmacie, Franc-Maçon de la Loge les "Amis Philanthropes", interné pour faits de résistance. Guy Hannecart (1903-1945 ) avocat, Franc-Maçon de la Loge les "Amis Philanthropes", interné pour son statut de dirigeant de la "Voix des Belges". Luc Somerhausen (1903-1982) journaliste, Franc-Maçon à la Loge "Action et Solidarité". Interné comme résistant. Comme il connaît la procédure maçonnique réglementaire à suivre, il sera à l'origine de la création de la Loge "Liberté Chérie" et en rédige les statuts. Joseph Degueldre (1904-1981) médecin, membre de la Loge "Travail" de Verviers, Amédée Miclotte (1902-1945) professeur, membre de la Loge "Aux Vrais amis de l'Union et du Progrès", interné pour faits de résistance. Lors de la première Tenue, Paul Hanson sera élu Vénérable Maître de la Loge. Après plusieurs Tenues à hauts risques, Fernand Erauw (1914-1997) fonctionnaire et lieutenant à l'Armée Secrète, sera initié apprenti Franc-Maçon, élevé Compagnon puis Maître par cette Loge. Plus tard, arrivent au camp deux autres Francs-maçons : Le 7 février 1944, Jean Baptiste de Schryver (1903-1945) Colonel BEM, membre de la Loge "Liberté" de Gand et le 18 mars 1944 Henri Story (1897-1944) échevin, directeur de banque et membre de la Loge "Septentrion" de Gand. À la libération, les seuls survivants seront Fernand Erauw et Luc Somerhausen. Ce dernier obtiendra la reconnaissance officielle, par le Grand Orient de Belgique, de la respectable Loge "Liberté Chérie".

Albert Julien Kirchmeyer, (1898-1995) était fils de restaurateurs parisiens, résolument républicains laïcs et ouvertement dreyfusards. En 1917, à la mort au front de son frère aîné, le jeune Albert Kirchmeyer s’engagea pour 4 ans par devancement d’appel et connaît le baptême du feu à Verdun. Il se distingue lors d'un épisode au Mont Kemmel où téléphoniste, il parvient à rétablir une ligne endommagée. Il fonda successivement plusieurs sociétés et cabinets de conseil où il fit connaissance de plusieurs Francs-Maçons dont : le Colonel Gustave Eychène, Victor Bassot ou Henri Manhès. Il reçut la Lumière maçonnique en 1932 par la Loge "Les Travailleurs" à l’Orient de Levallois-Perret. Il fut élevé Compagnon en 1934 et élevé Maître-maçon l’année suivante. De 1928 et jusqu'en 1936, il fut militant au comité radical-socialiste de Levallois-Perret. Albert Kirchmeyer est mobilisé en 1939 puis démobilisé le 9 août 1940 avec le grade de brigadier. Lors de l’Occupation allemande, le logement d'Albert Kirchmeyer situé au 123 rue Saint-Antoine, accueillera les tenues maçonniques clandestines de l'Atelier de la Bastille. La première réunion de Résistance a lieu le 24 septembre 1940. Albert et ses frères maçons créeront le Comité d'Action Maçonnique "Liberté-Égalité-Fraternité" qui deviendra plus tard, le réseau de résistance "Patriam Recuperare". De nombreux frères participeront activement à ce réseau : Marc Rucart (député, ancien ministre de la Justice), Gustave Eychène (ancien colonel), Édouard Soubret (ingénieur), Ambroise Peloquin (Général-Médecin),  Louis Bonnard (homme de Lettres), Victor Bassot,  Henri Manhès …Albert Kirchmeyer et Henri Manhès furent arrêtés le 3 mars 1943 par le commissaire David des Brigades Spéciales. Après un court séjour dans les geôles du dépôt de la Préfecture de Police de Paris, Albert fut transféré à la prison de la Santé avant d’être remis aux Allemands le 30 avril 1943. Il subit des interrogatoires dans les locaux de l'avenue Foch. Il est finalement conduit à Fresnes début 1944 pour être déporté "Nuit et Brouillard", d'abord au camp de Royallieu, à Compiègne puis  à Buchenwald par le convoi du 22 janvier 1944 sous le matricule 42014. Le 25 février 1944, il fut déporté à Mauthausen puis  affecté à Steryr le 8 mars 1944 et enfin à Güsen le 6 avril 1945 sous le matricule 53848. Il fut libéré le 5 mai 1945 mais ne revient à Paris que le 31 mai 1945 après avoir convoyé officiellement trois valises du camp de Mauthausen qui furent remises aux autorités françaises. 

Jules Le Gall, voir Francs-maçons brestois

Auguste LELIÈVRE (1899- ?) Commissaire de police. L’inspecteur Auguste Lelièvre Lapin, Guérin, naît le 16 mars 1899 à Paris. Il devient gardien de la paix en janvier 1921, inspecteur spécial en juillet 1933 et brigadier-chef en juin 1941. Franc-maçon à la loge « La rose du parfait silence » jusqu’en juin 1940, il rejoint la Résistance communiste en octobre 1942 pour y devenir un des adjoints directs d’Airaud. Il est arrêté le 18 février 1944 vers 17 heures lors d’un rendez-vous au restaurant « Chez Jaby » 88 rue du Mont-Cenis, avec le responsable communiste Michaud Moreau. Trouvé porteur d’un rapport concernant le résistant Oreste Dufour du réseau Brutus et d’un document reproduisant les termes d’une lettre remise par Otto Abetz à Pétain, il est révoqué le 22 février. Lelièvre est alors écroué à la Santé du 3 mars au 17 août, d’où il sera délivré pendant les combats de la Libération. Il prend aussitôt part à ceux-ci. Fait prisonnier le 21 août par les Allemands boulevard Magenta alors qu’il se trouve dans une auto transportant des armes, il parvient à s’évader deux jours plus tard, avec la complicité de deux soldats allemands d’origine polonaise. Après-guerre, Lelièvre sera nommé commissaire et rapporteur de la commission d’épuration. Décoré de la Médaille de la Résistance, il prend sa retraite de commissaire principal en février 1949.

Hippolyte Masson, voir Francs-maçons brestois

Yves Mindren, voir Francs-maçons brestois

RésistantAndré Lucien Miscot (1902-1995) Instituteur puis directeur d’école. Il fut membre du réseau de résistance "Vengeance". Ses faits de résistance sont trop nombreux pour être cités dans le détail : missions de renseignements, de combats, de sabotages, mise en place de réseaux de résistant(e)s, organisation de filières d’aides aux clandestins civils ou militaires, mais on peut en avoir une idée par les distinctions reçues : Médaille de la Résistance, Croix du combattant, Légion d'Honneur. André Lucien Miscot est cité à la page 254 de l'ouvrage d'André Combes : "La Franc-Maçonnerie sous l'occupation". Il fut également Commandeur dans l'ordre des Palmes Académiques. Il était membre actif de la Loge "Équerre" GODF à l’Orient de Moulins de 1929 à 1995. Il avait atteint le plus haut degré initiatique du Grand Orient de France, 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Albert Priolet, (1882-1942) Policier. Avant guerre, Albert Priolet est un des policiers les plus célèbres de France. Au sein de la Préfecture de Police, avec son compère du Centre des Recherches, le commissaire Charles Faux-Pas-Bidet, il a arrêté de nombreux espions allemands, dont Mata-Hari. Il se distingue particulièrement en 14-18 dans le « camp retranché de Paris ». Priolet est né le 6 décembre 1882 à Saint-Germain-en-Laye, où une rue porte d’ailleurs son nom aujourd’hui. Secrétaire de police en 1908, commissaire en 1915, il est divisionnaire en 1934, directeur adjoint de la Police Judiciaire de la PP en 1937 et l ’ offensive allemande le trouve chef de l’Inspection Générale des Services. C’est sous son autorité qu’est traitée l’affaire du Coq Gaulois. Mis à la retraite, il devient Président de la Société Amicale du Syndicat Général de la Police et des Anciens Combattants PP. Au « vu la liste par obédience des dignitaires (hauts grades et officier des loges) de la Franc-Maçonnerie publiée au Journal Officiel du 24 septembre 1941 », il est relevé de ses fonctions le 26 septembre 1941. C’est en essayant de constituer un groupe de résistance en liaison avec Arsène Poncey que les Allemands, assouvissant leur vengeance, l’arrêtent. Déporté à Sachsenhausen en août 1942, ensuite à la prison de Hagen, comme interné administratif, puis à Oranienburg, il y meurt le 27 août 1942 «d’insuffisance cardiaque et d’un œdème aux poumons». Il était officier de la Légion d’Honneur. L'exemple du Groupe des Armes de la Ville, permet d’illustrer cette résistance individuelle ou par petits groupes libres.

René Quenouille (1884-1945) Médecin surnommé le "Médecin des pauvres". Premier adjoint socialiste au maire communiste de Villeneuve-Saint-Georges (94). En 1925, son doctorat de médecine porte sur "Le déséquilibre mental de Beethoven". Initié par la loge "Danton" à l'orient de Villeneuve-Saint-Georges. René Quenouille constitue, en mai 1941, dans le Val-De-Marne, un petit groupe de résistance avec l'appui du docteur Léon Boutbien. Cet agent secret dépendant du Colonel Rémy fournit des renseignements d'ordre militaire sur les aérodromes et les réseaux téléphoniques de Paris Sud. Cette activité du groupe de Villeneuve-Saint-Georges entraîne l'arrestation de Rioux et de la comtesse Ploeck, en juin 1942, à laquelle échappent de peu Léon Boutbien et le docteur Quenouille. Peu après, au mois d'août, Léon Boutbien devient médecin des FTP de Paris-Sud pour lesquels il travaille un temps. À la fin de l'année 1942, le docteur Quenouille se sépare de Léon Boutbien pour préserver un caractère apolitique à son organisation qui devient Liberté-Egalité-Fraternité. Il rejoint ensuite, le mouvement Patriam Recuperare. Il y était personnellement chargé, par Jean MOULIN, des relations avec le Parti Communiste clandestin et le Front National. Arrêté le 3 mars 1943 par la police française et remis aux allemands avec son épouse Yvonne, interné à Fresnes. Déporté depuis Paris (gare de l'Est) le 11 octobre 1943 à destination de Mauthausen (matricule 37804) Il est à l'origine de la création de l'hôpital du camp d'Ebensee en novembre 1943, pour devenir ensuite médecin-chef du camp de Neuengamme où il est transféré le 17 juillet 1944. Il s'occupe plus particulièrement des nombreux enfants déportés en ce secteur du nord de l'Allemagne. Exécuté par pendaison comme témoin des atrocités nazies dans la cave de l'école du 92 Bullenhuser Damn avec 6 prisonniers de guerre soviétiques et 20 enfants juifs ayant servi de cobayes pour des recherches sur différentes maladies.

FM résistantPaul Ramadier (1888-1961) Avocat et dirigeant socialiste, il refuse avec véhémence les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940 et participa à la Résistance. Il fut ministre du Ravitaillement du général De Gaulle en 1944. Initié le 22 février 1913 à la Loge "La Parfaite Union", à l'Orient de Rodez. Il y est reçu compagnon le 7 juin 1914, maître le 20 juillet 1915 et il accède au Chapitre le 3 novembre 1920. Il s’affilia en 1924 à "La Nouvelle Cordialité", à l'Orient de Villefranche-de-Rouergue, dont il fut vénérable à 25 ans. Membre affilié de la Loge "L’Internationale", à l'Orient de Paris. Membre des ateliers supérieur, il fut 18° au Chapitre "La Clémente Amitié", vallée de Paris. En 1927, il s’affilie à la Loge "La Nouvelle Cordialité", à l'Orient de Villefranche-de-Rouergue. Il totalisa vingt années de vénéralat dans cette loge.

Lazare Rachline (Lucien Rachet ou "Socrate" dans la Résistance), (1905-1968) Industriel d’origine russe. Mobilisé le 15 octobre 1939, il fut affecté à sa demande sur le front de la "Drôle de guerre". Fait prisonnier par les Allemands le 21 juin 1940, il fut transféré au Stalag IV-B situé en Allemande orientale, à 600 kms de la frontière française. Il s’évada à la mi-mars 1941 pour rejoindre sa famille à Brive-la-Gaillarde. Il s’engagea dans le réseau résistant "Libération-sud". Il sera le concepteur et l’organisation de l’évasion de 11 résistants et agents secrets prisonniers du camp de Mauzac. L’évasion sera effective le 16 juillet 1942. Il sera ensuite chef du réseau "Alexandre-VIC". C’est à cette époque qu’il sera déchu de la nationalité française par le régime du Vichy. Pendant une année, il permettra à des dizaines d’aviateurs et d'agents de rejoindre Londres. Il s’efforcera de faire évader Léon Blum mais se heurtera au refus des services britanniques. Il organisa des sabotages et communiqua des renseignements à destination de Londres. Étant recherché par la Gestapo et condamné à mort par les nazis, les services anglais décident de le rapatrier à Londres via l’Espagne. Après une incarcération de 3 mois en Espagne, il rejoint De Gaulle à Londres où il est chargé de la section non militaire du Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA). À Alger, en février 1944, le Général De Gaulle lui confie la mission de restructurer l’ensemble de la Résistance intérieure et de mettre en place des responsables civils. De retour à Londres, il apprendra l'arrestation de son frère Vila (Renaudin, Victor), qui avait pris sa suite à la tête du réseau d'évasion VIC. La Gestapo, croyant le tenir, tortura son cadet pendant quatre jours. celui-ci ne dira pas un mot. Il fut assassiné, près de Lyon, à la mitrailleuse, avec 17 camarades. Délégué du gouvernement provisoire pour la Zone Nord, il arrive à Paris le 25 août 1944 et participe aux combats pour la libération de la capitale. Par la suite, il démissionne de toutes ses fonctions et reprend la direction de son affaire industrielle : les Usines métallurgiques de literie. Il fut initié par la Loge "Paris" où il côtoya Pierre Mendès-France.

Victor Renelle, (1888-1941) Créateur du syndicat des techniciens et cadres des industries chimiques et rédacteur de la revue des industries chimiques, cet ingénieur chimiste, résistant de la première heure, créa une cellule pour fabriquer des explosifs. Dénoncé et arrêté par la police française, le 5 octobre 1940, il fut emprisonné à la Santé puis à Clairvaux et transféré au camp de Choisel en Loire-Inférieure le 15 mai 1940. La Gestapo lui propose de le libérer s'il accepte de se mettre au service de l’industrie allemande. "Impossible… une libération acquise dans de telles conditions ferait de moi un traître à mon pays… ce serait faire injure à mes idéaux maçonniques… Tu te rappelleras le 22 octobre 1941 à 2 heures de l’après-midi. Ma dernière pensée sera pour toi et à notre fille bien-aimée, elle m'aidera à franchir ce dernier pas. Je vais être fusillé d’ici peu" écrit-il à sa femme. En représailles à l'attentat du 20 octobre 1941 contre le Feldkommandant Karl Hotz, et bien que non communiste, il fut exécuté le 22 octobre 1941 à Châteaubriant avec Guy Môquet (17 ans) et 25 autres otages dont la majorité était communiste. Il reçut la Lumière maçonnique le 6 juillet 1933 par la Loge "Jean Jaurès" n°469 GLDF à l’Orient de Paris. À partir de 1936, il fut 1er surveillant puis orateur de son atelier. En 1940, il fut député de sa Loge au Convent.  Une école porte son nom à Stains.

Grand résistant et franc-maçonCharles Rispal (1893-1944) Professeur, syndicaliste puis représentant de commerce. Il fut mobilisé le 2 août 1914 et démobilisé le 29 août 1919 durant la "grande guerre". Pendant l'occupation allemande, il fut révoqué par le régime de Vichy suite à la publication par le Journal Officiel du 26 septembre 1941 de la "Liste par obédience des dignitaires (hauts gradés et officiers de loges) de la franc-maçonnerie: Grand Orient de France" page 4131, où il est cité comme étant au 30e grade de l’obédience. Il devint par dépit représentant de commerce. Il s’engagea dans les réseaux "Patriam Recuperare", "Résistance Fer" et "Alliance". Il fut arrêté par les Allemands entre le 28 février et le 2 mars 1943 non pas pour faits de résistance mais pour son appartenance à la Franc-Maçonnerie. Acheminé vers Compiègne le 8 mars 1943, il fut déporté à Mauthausen le 16 avril 1943 sous le matricule n° 26196. Il fut gazé au château d’Harteim (centre d'extermination par gaz du camp de Mauthausen) en Autriche, le 31 juillet 1944. Il reçut la Lumière par la Loge "La Cosmopolite" à l’Orient de Vichy le 17 juillet 1920. Élevé compagnon en 1921 et élevé au grade de maître en 1922 dans la même Loge. Il s’affilia à la Loge "Équerre" à l’Orient de Moulins, le 1er janvier 1929.

Elise Rouet (1918-1998) Franc-maçonneÉlise Rouet, (1918-1998) Cette institutrice puis fonctionnaire de la fonction publique à la Préfecture de Pau était issue d’une famille modeste. Pendant la guerre 39/45, attachée aux valeurs républicaines, elle s’engagea dans la résistance à 21 ans. Elle fit passer en Espagne des personnes recherchées par la Gestapo. À ce titre, elle fut Commandeur de l’Ordre National du Mérite, Officier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 39/45, Médaille de la Résistance, Croix du Mérite polonais avec épée. À la Libération, elle œuvra dans diverses actions sociales. Attirée par l’idéal maçonnique, elle est initiée en 1955 à la Grande Loge Féminine de France. Elle s’affilia au Droit Humain en 1960. Elle fut Vénérable de la Loge de Pau et fut entre autres responsabilités nationales, membre du Suprême Conseil du DH. Au sein de l’obédience elle a gravi les différents degrés pour atteindre le 33e et dernier degré de l’Ordre. Pour sa rigueur au travail, son respect des règles, sa chaleur humaine, ses contemporains Francs-Maçons ou profanes, ont gardé d’elle, le souvenir d’une "Grande Dame".

Michel Scheidhauer, voir Francs-maçons brestois

Franc-maçon résistantFernand Taillon (1920-2003) Artisan maçon, vendeur puis homme politique. À sa seizième année, il adhère au Mouvement des Jeunesses Socialistes. Dès 1942, il se déclare réfractaire au STO et entre dans la clandestinité jusqu’à la Libération en 1944 ; Rentré à Moulins, il est nommé Conseiller municipal pour préparer les futures élections libres. Membre de la SFIO, il assiste en tant que secrétaire parlementaire le député Gilles Gozard tout en travaillant à la Direction Départementale à la Reconstruction. En septembre 1964, il devient Directeur de l’Office Départemental des HLM de l’Allier où il s’attache à développer le parc des Logements sociaux dans tout le département, jusqu’à sa demande de mise à la retraite en 1985. Durant toute sa vie, il mit ses convictions en application notamment dans le domaine scolaire. Il fut promu Chevalier dans l’Ordre National du Mérite en 1977. Il reçut la lumière maçonnique en 1949 par la Loge "Équerre" GODF à l’Orient de Moulins.

Jean Zay (1904-1944) Avocat, député du Loiret, conseiller général et Ministre de l'Éducation Nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire. La France lui doit entre autres, la paternité de la scolarité jusqu'à 14 ans, du collège unique, du sport à l'école, de la médecine préventive, du CNRS, de l'ONISEP, du CNTE, du CROUS et de l'ENA, pour que "les enfants du Peuple puissent devenir ambassadeurs". Le plus jeune ministre de la IIIème République est aussi le plus grand ministre de l'Éducation Nationale depuis Jules Ferry (G. Boulanger, Le Monde, du 24 juin 2013). Jean Zay fut initié le 24 janvier 1926 par la Loge "Étienne Dolet" à l'Orient d'Orléans. Durant l’Occupation, Jean Zay devint la cible notoire de campagnes antisémites et d’une violente campagne de presse, orchestrée par Philippe Henriot, ministre de l'Information du gouvernement de Vichy, qui réclamait la condamnation à mort du "juif Jean Zay" comme juif, franc-maçon, anti-munichois, anti-hitlérien et ministre du Front populaire. Il fut assassiné par la Milice le 20 juin 1944. Ses cendres ont été transférées au Panthéon le 21 février 2014.


Voir également la listes des 500 francs-maçons victimes des nazis