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Petite histoire générale de la Franc-maçonnerie


Taverne l'oie et le Grill à Londres en 1717
Une certaine tradition veut que la Franc-Maçonnerie apparaisse en 1717 à Londres, au moment où une Grande Loge se forme pour fédérer quatre loges particulières préexistantes.

Ce point de vue est de plus en plus contesté par les historiens. Le simple fait que quatre loges particulières se rassemblent à Londres pour former une Grande Loge suffit à comprendre que l’origine de ces loges est antérieure à 1717. Le seul point indubitable est que la Franc-Maçonnerie est née en Grande-Bretagne.

Les recherches les plus sérieuses portent à remonter jusqu’aux années 1630 quand le Roi d’Angleterre, qui règne aussi sur l’Écosse et l’Irlande, est obligé de faire face à une fronde qui aboutira à une guerre civile et à sa décapitation en 1649. Cette fronde est surtout inspirée par des querelles religieuses. Alors, on trouve déjà des loges qui sont fréquentées par des militaires et des gens de la noblesse. Celles-ci sont toutes légitimistes. Mais elles doivent se disloquer ou se replier dans la clandestinité quand Charles 1er est démit de son pouvoir au profit d’Oliver Cromwell.

Pourquoi ce nom de Francs-Maçons ? Parce que, depuis l’antiquité, il est fréquent de comparer le rôle d’un souverain à celui d’un architecte. Pendant des siècles, on pense qu’un état s’édifie comme un vaste bâtiment (concevoir les plans avec le plus de rationalité possible, veiller au bon creusement des fondations sur un terrain ferme, contrôler l’aplomb des murs, soigner la qualité de la couverture, faciliter la circulation des choses et des personnes entre les pièces et d’un étage à un autre, etc.).
  
En 1660, Charles II, fils de Charles 1er parvient à reconquérir le pouvoir. Les loges demeurent discrètes, mais le nombre des Francs-Maçons augmente et les informations sur leur activité deviennent plus nombreuses qu’avant. Plusieurs écrivains ou journalistes s’en font l’écho dans leurs publications.

À la mort de Charles II en 1685, son frère Jacques II lui succède. Malheureusement pour lui, il fait également l’objet d’une violente opposition et doit s’enfuir en France où Louis XIV lui permet de s’installer dans le château de Saint-Germain-en-Laye. Navires AnglaisParmi les fidèles qui l’accompagnent, plusieurs sont Francs-Maçons. Ce sont eux qui, lentement, vont sensibiliser les Français à la sociabilité singulière des loges. Ces Francs-Maçons en exil sont appelés jacobites, pour les désigner comme partisans de leur roi Jacques.

Dans ce contexte, l’apparition de la Grande Loge de Londres est un événement tardif. Ceux qui y participent sont en fait les soutiens de la dynastie hanovrienne rivale de la dynastie jacobite. Ils conçoivent un autre système. N’ignorant pas que les jacobites ont leurs loges, ils cherchent à en former d’autres qui satisfassent à leur propre conception de l’État (consolidation de la monarchie parlementaire).

Au moins en France, on ne peut nier le rôle décisif des exilés politiques, puisque les trois premiers grands maîtres de la Grande Loge de Paris, entre 1728 et 1738, sont britanniques et jacobites. Extrêmement rares sont les loges qui se placent sous l’autorité des hanovriens d’outre-manche (une seule à Paris, trois ou quatre en province).
Au fil du temps, les passions politiques s’estompent pour céder la place aux plaisirs de la convivialité et de la réflexion philosophique.

Le protocole des loges qui se complexifie stipule que les motifs de disputes et de divisions idéologiques doivent être laissés à la porte des temples.
Initiation maçonnique Brest
On observe néanmoins une tendance à adhérer aux modèles culturels dominants. Ainsi, la Franc-Maçonnerie française est monarchiste sous l’Ancien Régime, napoléonienne sous l’Empire, de nouveau monarchiste sous la Restauration, et républicaine par la suite. En Grande Bretagne, elle demeure monarchiste. Ceci d’un point de vue politique.

D’un point de vue religieux, les divergences perdurent également, bien que leurs effets soient atténués. Ainsi, en France, plusieurs tendances se sont progressivement distinguées et certaines obédiences actuelles réclament de tout néophyte une croyance en Dieu, tandis que d’autres admettent l’athéisme ou l’agnosticisme. Les rites pratiqués dans les loges ne sont pas uniformes pour cette raison.

L’idéal premier qui s’est imposé est cependant celui de la fraternité et de la solidarité. La diffusion de cet idéal dans de nombreux pays du monde donne l’image d’une mosaïque parfois hétérogène, mais cohérente dans le refus des pratiques qui divisent l’humanité, en entravant les libertés individuelles et collectives.

 

 

Texte : André Kervella